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Briser l’inertie

Par Félix-Antoine Huard

Que l’on soit entrepreneur ou non, on finit toujours par avoir une bonne idée. Et cette bonne idée, c’est souvent le principal moteur à l’entrepreneuriat. S’entreprendre, ça ne passe pas juste par la création d’entreprise. Entreprendre, ça signifie se lancer dans un projet d’envergure. Ça veut dire se retrousser les manches, affronter les obstacles jour après jour et, ultimement, savourer la réussite ou digérer l’échec.

Alors si, jour après jour, on a des idées révolutionnaires, comment se fait-il que tout le monde ne soit pas en affaires ? On a pourtant tous cet oncle, cette amie, ce proche ou cet inconnu qui nous a approché en nous disant : « J’ai une idée d’affaires incroyable ! », mais qui, après 5-10 minutes de conversation, nous révèle qu’il ne s’agit que de ça, une idée.

Parce que l’on a beau marteler qu’il est essentiel d’évaluer le potentiel de notre idée d’affaires, à mon avis, le plus important lorsque l’on veut entreprendre, ce n’est pas tant l’idéation plutôt que l’exécution.

Je m’explique :
Imaginez-vous au rebord d’un immense cratère. Gigantesque, titanesque, fatal. Si vous glissez, c’est une chute sans fin qui vous attend. De l’autre côté, sous les rayons d’un arc-en-ciel, une marmite remplie d’or.

C’est souvent la vision que l’on a de l’entrepreneuriat et du grand saut. Certes, quitter le cycle du [email protected] et de la paie le jeudi n’a rien d’anodin. Cependant, je pense qu’en ayant cette vision de l’entrepreneuriat, on en projette une image dangereuse. Comme quoi, en abandonnant tout et en se lançant en affaires, c’est le succès assuré parce que le plus difficile, c’est justement de faire le saut de l’autre côté.

Je préfère m’imaginer qu’on est tous entrepreneurs. Qu’on a tous en nous cette force, tranquille pour certains et agitée pour d’autres, qui nous incite à aller de l’avant. Puis, à mes yeux, l’entrepreneuriat, ce n’est pas un cratère et une marmite d’or.

L’entrepreneuriat, c’est une route pratiquement infinie dont on ne connaît pas la destination finale. Une route serpentine, tortueuse, qui monte et qui descend. Une route collante qui rend chaque pas difficile sous le soleil cuisant. Des fois, on a le vent dans le dos et c’est plus facile, mais des fois, on est cloués sur place.

Sur cette route, il y aura des croisées de chemins. Il y aura des obstacles. Il y aura des bons samaritains et des bandits de grand chemin.

Mais sur cette route, il y a surtout vous.

Avec environ 30% des 18-34 ans à Shawinigan qui ont l’intention d’entreprendre (1) , on est un paquet de marcheurs sur cette grande route. Pas de panique, la compétition n’existe pas vraiment sur la route de l’entrepreneuriat, parce qu’entreprendre n’est pas un sprint, c’est un marathon où sont victorieux tous ceux qui marchent.

Il n’y a pas de marmite pleine d’or non plus, mais plutôt quelques belvédères ici et là où on peut prendre une pause le temps d’admirer le chemin parcouru et le reste de la route à faire.

Le plus important, c’est que sur ce long chemin de l’entrepreneuriat, le grand saut, on ne le fait pas au-dessus d’un cratère; on le fait au quotidien. Il s’agit simplement de faire le premier pas.

Un pas lourd de sens, mais qui donne des ailes. Parce qu’en faisant ce premier pas, on vient de briser l’inertie et ça, c’est toute la force de s’entreprendre.

(1) SOURCE : http://www.investir-shawinigan.ca/fr/une-economie-diversifiee/virage-entrepreneurial

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